Les ventes à Montréal baissent de 12 % — mais ce n’est pas un krach de prix
Ce que les chiffres de septembre de l’APCIQ/Centris révèlent vraiment sur le marché montréalais, et pourquoi c’est une bonne nouvelle pour un acheteur
Ce que les chiffres de septembre disent — et ce qu’ils ne disent pas
Les ventes résidentielles dans le grand Montréal ont reculé de 12 % en septembre 2026 par rapport à la même période l’an dernier, selon les données de l’APCIQ (Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec) via Centris. C’est un chiffre qui fait les manchettes, et qui inquiète avec raison bien des acheteurs et des propriétaires.
Mais un recul des ventes n’est pas un recul des prix. Ce sont deux statistiques différentes, et confondre les deux mène à de mauvaises décisions — que ce soit paniquer et acheter trop vite, ou attendre un krach qui n’est pas en train de se produire.
Voici ce que les données révèlent vraiment, et ce que ça change concrètement si vous songez à acheter à Montréal.
Ventes en baisse ≠ prix en baisse
Le recul de 12 % mesure le NOMBRE de transactions conclues, pas leur valeur. Pendant que moins de propriétés changent de main, celles qui se vendent continuent de se vendre plus cher qu’il y a un an. Selon les données d’août de l’APCIQ/Centris, le prix médian d’une unifamiliale dans le grand Montréal a progressé de 3 % pour atteindre 650 000 $. Le condo a progressé de 4 % à 437 250 $. Le plex, de 2 % à 856 000 $.
En clair : moins d’acheteurs se présentent, mais les vendeurs qui concluent une transaction obtiennent toujours plus qu’avant. Ce n’est pas le profil d’un marché qui s’effondre — c’est le profil d’un marché qui ralentit en volume tout en maintenant sa valeur.
Un recul des ventes de 12 % combiné à une hausse des prix de 3 à 4 % : ce sont les deux faces d’un marché qui se rééquilibre, pas d’un marché qui se corrige à la baisse.
Ce que ça change pour un acheteur
Le vrai changement n’est pas dans les prix — il est dans le choix et le rapport de force. Deux indicateurs le montrent clairement :
Les inscriptions actives explosent en banlieue
Les inscriptions actives ont bondi de 28 % sur la Rive-Sud et de 26 % sur la Rive-Nord. Il y a tout simplement plus de propriétés à visiter qu’il y a un an, dans des secteurs où le choix était auparavant limité.
Moins de surenchères, plus de marge de négociation
Avec moins d’acheteurs actifs et plus d’options sur le marché, les guerres d’offres multiples deviennent moins fréquentes. Vous avez davantage de temps pour visiter, comparer et négocier — une dynamique très différente de celle des dernières années.
Pour un acheteur, c’est une fenêtre réelle : plus de choix, moins de pression pour décider en 24 heures, et plus d’espace pour bien faire les choses — à commencer par une préapprobation solide avant de commencer à visiter, pour savoir exactement ce que vous pouvez offrir et négocier en position de force.
Faut-il attendre un krach de prix ? Non
C’est la question que beaucoup d’acheteurs se posent en voyant le chiffre de « ventes en baisse de 12 % » : faut-il attendre encore, dans l’espoir que les prix finissent par céder ? Les données actuelles ne soutiennent pas ce scénario. Les prix médians ont continué de monter pendant que les ventes ralentissaient — un marché qui s’apprêtait à corriger à la baisse afficherait l’inverse.
Ce qu’on observe ressemble davantage à un retour vers un marché plus équilibré après plusieurs années où les acheteurs étaient en position de faiblesse : moins de surenchères, plus d’inventaire, plus de temps pour réfléchir. Ce n’est pas un marché d’acheteurs au sens où les prix chutent — c’est un marché où l’acheteur retrouve un peu de pouvoir de négociation et de choix, pendant que la valeur des propriétés se maintient.
Attendre un krach qui n’est pas dans les données, c’est risquer de manquer la fenêtre où le rapport de force est justement en train de redevenir plus favorable à l’acheteur.
Le bon réflexe n’est pas d’attendre que les prix baissent — c’est de profiter du choix et du temps de négociation disponibles maintenant, avec une préapprobation en main.
La recommandation d’Anthony King
Après avoir analysé les données de septembre pour le grand Montréal, voici mes constats :
- Le recul de 12 % des ventes ne doit pas être lu comme un signal d’attente — les prix médians sont toujours en hausse sur tous les segments (unifamiliale, condo, plex).
- La hausse marquée de l’inventaire sur les deux rives (Rive-Sud +28 %, Rive-Nord +26 %) est l’occasion réelle : plus de choix, moins de surenchères, plus de temps pour bien magasiner.
- Dans un marché qui se rééquilibre, la préapprobation devient votre meilleur outil de négociation : elle vous permet d’agir vite quand la bonne propriété apparaît, sans subir la pression d’une offre multiple.
Anthony King, courtier hypothécaire certifié AMF #254937
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